J’ai rencontré une femme passionnée par l’Eglise de Saint-Suplice, une bénévole qui nous a fait revivre son histoire. Lucile pourrai vous parler des heures sans que vous ayez envie de la fuir.

La découverte de Saint-Suplice c’est fait au hasard de mes balades dans Paris. Le jardin du Luxembourg était la visite du jour et au loin derrière le Palais deux tours nous ont intrigués. D’un pas nous avons décidé de nous y rendre et c’est devant un édifice magnifique accompagné d’une fontaine au centre de la place que nous sommes tombés.

Pour commencer une chapelle dédiée à Saint-Pierre, sa construction remontant vers 542 se situe dans le Bourg-de-Saint-Germain au porte de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés Fondation du roi mérovingien Childebert fils de Clovis. Il faut surtout bien comprendre qu’en 542 Saint-Germain n’était que de grands champs cultivés ou pas. Que ce sont les paysans et artisans travaillant pour l’abbaye qui font naître le village.

Par la suite l’abbaye se dota d’une Eglise paroissiale, ses fondations seront celle de l’Eglise actuelle. Multiples reconstructions seront effectuées. Comme de nombreuses Eglises, Saint-Sulpice conserve dans ses cryptes les fondations de l’Eglises qui l’a précédée. Le bas des murs et des piliers plus exactement pour cet édifice rustique ou les offices ont été célébrés durant cinq siècles ! Cinq siècles où les paroissiens ont prié. Le nom de cet édifice était « Saint-Suplice-des-Champs  » ( 56 m de long et 27 m de large) bâtie au début du XIIe siècle. Elle subira des transformations pour l’agrandir au XVe, XVIe siècles et de nouveau entre 1615 et 1631.

Comme beaucoup d’édifice religieux les changements sont dûs par la décision des curés en chargent de la paroisse, cela fut le cas pour Saint-Suplice. En 1642 Jean-Jacques Olier (1608-1657 ) décide de construire un nouvel édifice pour remplacer la vieille Eglise étant trop petite et faisant un constat avec le Palais du Luxembourg récemment construit par Marie de Médicis. La régente Anne d’Autriche, veuve deLouisXIII, vient poser la première pierre en compagnie de Louis XIV qui n’avait que 8 ans le 20 février 1646, le plan étant approuvé le 15 aout 1645.

Olier créa également le séminaire de Saint-Suplice dans le voisinage de l’église, niché dans les bâtiments construits par Lemercier de 1649 à 1651. Paroisse et Séminaire vivent en communion étroite et enrichissante. Olier cessera sa fonction de curé en 1652, se retirant au séminaire où il décèdera le 2 avril 1657.

Les travaux d’agrandissement sont confiés en 1645 à l’architecte Christophe Gamard, (voyer de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés ), il réalise les derniers agrandissements de l’ancienne église. Gamard mourra en 1649 sans avoir achevé la chapelle de la Vierge.

Louis LE VAU (1612-1670) premier architecte du roi, fut choisi pour finir les travaux, mais trop occupé par d’autres chantiers comme celui du Louvre ou de Versailles, il ne peut assumer sérieusement Saint-Suplice. Il se contentera d’agrandir le plan de Gamard et à poursuivre l’édification de la chapelle de la Vierge. C’est Daniel Gittard (1625-1686) qui fournira les plans de l’église ( à l’exception de la façade) en 1660. Les plans seront suivis sans aucune modification jusqu’à l’achèvement de l’édifice. Gittard est en fait le véritable architecte de Saint-Sulpice. Mais il ne put construire que lui-même le choeur et le croisillon nord du transept. Les travaux sont interrompus moins de deux ans plus tard faute de crédits. Ils ne reprennent qu’en 1718, sous la direction de Gilles-Marie Oppenord, qui édifie la nef et le transept.

L’autel entouré d’une balustrade dorée en cercle est éclairé par des vitaux rare et précieux. Ils ont été peint dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Ces verrières ont été installées dans le choeur avant 1678 date de l’arrêt de la construction. À l’époque le clergé ne voulait pas de vitraux à figures. On voulait des églises claires

Le vitrail central représente le « Christ ressuscité montant au ciel » il est daté de 1672. En 1870 la figure du Crhist subira une réfection partielle.

À droite, un vitrail de 1885 « Le Sacré-Coeur adoré par Saint-Sulpice  » Jen-Jacques Olier a remplacé celui de 1673. Les autres vitraux n’ont pas l’air d’avoir subi de restauration importante. Que cela soit « L’Annonciation  » de 1674 ou « saint Pierre  » de 1673 qui se situent à droite du Sacré-Coeur.

De l’autre côté du Christ un vitrail « l’Eucharistie «  est aussi daté de 1673. Vous découvrirez plus à gauche, une image de la Vierge Marie datant de 1674 également, sans oublier le vitrail de « Saint Sulpice » que vous pourrez reconnaître à sa mitre et sa crosse d’évêque. Ce vitrail est de 1673. D’autres vitraux dans les chapelles du pourtour du choeur remonte aux toutes dernières années du XVIIe siècle.

Les images de saints situées en leur centre ont été souvent refaites dans le style pseudo-gothique à la mode à la fin du XIXe. Vous pouvez retrouver ces vitraux dans cet article « vitraux de Saint-Sulpice « 

Les effigies de « Saint-Denis et de Saint-Fiacre «  situées dans les deux premières chapelles du côté droit, après la sacristie sont anciennes. Ainsi que celles des deux premières chapelles de gauche, « Saint Jean l’évangéliste et Saint Charles Barromée ». Les fenêtres de l’église dont les parties ne sont pas décorées portent pourtant partout un même motif géométrique régulier connu sous le nom de « point de saint-Sulpice ». Que cela soit d’un blanc, gris uniforme ou de subtiles nuances de vert et de rose ce qui embellit la lumière dans la nef, le transept et le choeur.

Mais revenons à la construction de l’église. Comme précédemment je vous le cite, à la suite de difficultés financières la construction est interrompue en 1678. Quarante ans plus tard Jean-Baptiste Languet De Gergy (1675-1750) curé de Saint-Sulpice en 1714 obtient l’autorisation d’organiser une loterie qui rapportera beaucoup. Les travaux de l’église vont reprendre en 1719. En 1733, tout sera achevé, sauf la façade. Gilles Marie Oppenord (1675-1742) élève de jules-Hardouin Mansart se verra confier le chantier. Il aura le mérite de conserver les plans dressés soixante ans plus tôt par Guittard dans la construction de la nef, des bas-côtés et la majeure partie du transept.

Pour l’ornementation deux frères seront les exécutants des projets d’Oppenord. Sébastien- Antoine (1695-1754) et Paul-Ambroise Slodtz (1702-1758). Les statues qui entourent le choeur seront de Edme Bouchardon (1698-1762). En 1723 le croisillon sud et son portail furent achevés, tandis que le portail nord et les bas-côtés le sont en 1724. Les travaux continuerons pour qu’en 1727 c’est au tour de la coupole et la croisée et enfin la voûte de la nef en 1731. La même année c’est aussi la décoration de l’ensemble qui sera terminée.

Mais une démolition sera tout de même exécutée la même année, la tour-clocher mise en place à la croisée du transept par Oppenord en 1725. Il est possible que cela soit à cause de ce problème que Oppenord sera déchargé de ses tâches d’architecte, pour ne conserver que celles de décorateur et d’ornemaniste pendant trente-quatre ans.

Jean-Baptiste Languet de Gergy quittera Saint-Sulpice en 1748. L’église sera solennellement consacrée en sa présence le 30 juin 1745. Un magnifique tombeau sera élevé en son honneur par les paroissiens.

Arrêtons nous à l’entrée du choeur où l’on peut observer deux statues, celle de droite une vierge de douleurs, à gauche un Christ à la colonne et tout autour des statues, huit apôtres adossés aux piliers.

De gauche à droite

  • Saint Pierre
  • Saint Jean
  • L’Evangéliste
  • Saint Jacques le majeur
  • Saint Barthélemy
  • Saint Paul
  • Saint Jacques le mineur
  • Saint Mathieu
  • Saint André

Toutes ces statues sont d’Edme Bouchardon commandé par Languet de Gergy en 1734.

En 1729 Languet de Gergy donne la charge de restaurer la chapelle de la Vierge à l’architecte Jean-Nicolas Servandoni ( 1695-1766 ) qui remportera aussi le concours lancé en 1732 pour la construction de la façade. Il en édifiera les deux premiers étages tandis que le décor sera confié à Michel-Ange Slodtz ( 1705-1764 ).

Au bout de vingt ans d’arrêt des travaux, car ont c’était interposé à l’idée de Servandoni, la construction de la façade reprend sur les plans de d’Oudot de Maclaurin désigné lui aussi à l’issue d’un concours. Il bâtit des 1766 les deux tours jumelles. Une existe encore du côté sud. Quatre dés de pierre destinées à recevoir des statues se trouvent entre les deux tours.

Jean-François Chalgrin ( 1739-1811 ) connu surtout comme l’architecte de L’Arc de Triomphe se verra confier d’agrandir les deux tours. En 1776 il exécute le travail demandé en s’attaquant à la tour Nord, mais la révolution le stoppera, il ne pourra pas se charger de la deuxième. Nous pouvons les découvrir ainsi encore maintenant, la tour Nord plus haute de 5 mètres.

Chalgrin dirige aussi la décoration des deux chapelles situées à la base des tours, L’une accueille un Baptistin magnifique celle de la tour Nord. Il reste de cette époque quelques sculptures, chef-d’oeuvre de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785 ) et de Louis-Simon Boizot (1743-1809 ). Le gnomon astronomique sera construit à partir de 1737 à la demande de Languet de Gergy.

Un évènement historique à retenir, le banquet de 750 couverts offert dans l’église aux généraux Bonaparte et Moreau le 6 novembre 1799, trois jours avant le coup d’état du 18 brumaire.

Le curé Charles de Pierre (1762-1836 ) s’employa en 1804 à remettre l’église en état suite aux évènements survenus de 1797 à 1801 où l’église sera dépeuplée des autels des chapelles, mais aussi des stalles, statues, tableaux et cloches. Des pillages aurons lieu également et les sépultures des cryptes violées. Les décors sculptés de l’orgue, ainsi que le gnomon et la balustrade du choeur vont survivre. Le Pape Pie VII sera accueilli dans une église remise en état pour le couronnement de Napoléon Ier. Charles de Pierre fera tout pour retrouver les trésors de l’église. Que cela soit au musée des Petits- Augustins où il récupère des statues. Il retrouvera des tableaux et divers objets qu’il rachète aux

Il ira jusqu’à retrouver les boiseries de la chapelle du Sacré-Coeur, cependant il attendra la Restauration, en 1815 pour pouvoir rendre à Saint-Sulpice sa dignité. La mort l’emportera en 1836, il était encore le curé de Saint-Sulpice.

Charles de Pierre achèvera de réparer les dégâts causés par la Révolution en faisant construire en 1824 un nouveau maître-autel en marbre blanc, orné d’une garniture de bronze dorée conçue par l’orfèvre Louis-Isidore Choiselat ( 1784-1853 ).

En 1820 et 1875 la municipalité de Paris commandes à dix-sept artistes reconnus de décorer les murs des toutes les chapelles et du transept. Eugène Delacroix (1798-1863) réalise le magnifique ensemble de peintures religieuses datant de 1849 à 1861.

 

Un autre chef-d’oeuvre du XIXe siècle est le grand orgue du facteur Aristide Cavaille- Coll ( 1811-1899 ). L’orgue sera inauguré en 1866 et célèbre dans le monde entier. Le Xxe siècle n’aura rien apporté à l’église sauf en 1951, le Christ de Louis Derbré dans la troisième chapelle à gauche.

Je vous propose de vous parler un peu des trésors qui se cachent au creux de l’église. Le Gnomon de Saint-Suplice qui fit une apparition dans le film « Da Vinci Code  » Le Gnomon est un instrument d’astronomie destiné à suivre les variations de la hauteur du soleil à midi. Celui de Saint-Sulpice fonctionne au moyen d’une ligne « méridienne «  matérialisé par une baguette en laiton sur le dallage du transept orientée Sud-Nord,qui se prolonge par un obélisque de marbre blanc en passant par un orifice que vous le trouverez à 25 m du sol en haut et à droite de la fenêtre du transept sud.

Dans la chapelle Saint-Jean Baptiste vous trouverez le Mausolée de Languet de Gergy oeuvre de Michel-Ange Slodtz. Une statue de Saint Jean-Baptiste par Louis-Simon Boizot.

La Chaire dessinée en 1788 par Charles de Wailly a l’originalité de ne reposer que sur les escaliers revêtus de marbre qui y montent de chaque côté. En face de la Chaire, un Crucifix porte un Christ en bronze de Maindron qui date du Seconde Empire. Deux Bénitiers en coquillage offert à François 1er par la République de Venise, les Bénitiers sont posés sur des socles de marbre blanc décorés de fonds marins par Pigale.

La chapelle de l’Assemption accueille un tableau de Jean-Baptiste Pierre1751 ) « la fuite en Égypte  » , mais aussi une Chaire-Confessional, intéressante à observer. Vous trouverez aussi une Vierge de L’annonciation statue de Choiselat, un Baptistaire impressionnant, avec des statues magnifiques, mais pour cela il vous faudra un guide, Lucile par exemple !

Je dédie cet article à Lucile femme de passion et de grand coeur et n’hésitez pas à la demander comme guide.

Vous avez bien sûr d’autres trésors à découvrir. Mes recherches bien-sûr se sont appuyées sur le livret vendu en l’église de Saint-Sulpice et internet.

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Sulpice

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