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L’église Saint-Just, ou Saint-Just des Macchabées, est l’une des plus anciennes églises de Lyon, bâtie sur l’ancienne nécropole romaine. Sa construction date du XVIe siècle.

Un petit arrêt sur Saint-Just : Just fut le treizième évêque de Lyon. Il participera au concile de Valence en 374 et à celui d’Aquilée en 381. Nous savons qu’il s’exile dans le désert de Scete en Egypte où il finira sa vie. Les Lyonnais iront chercher son corps ainsi que celui de son clerc Viateur qui l’avait accompagné. Enterrés tout d’abord dans un mausolée de la grande nécropole de Saint-Irénée-Saint-Just, les corps finiront par être transférés à une date inconnue en l’Église qui portait déjà le nom de Saint-Just depuis VIIIe siècle. La basilique fut nommé « Église des Macchabées  » aux premières lueurs de sa construction par le fait qu’à l’origine l’édifice était dédié aux frères Macchabées, martyrs juifs du IIe siècle avant J.C.

La première construction date du Ve siècle, reconstruite au VIe, restaurée sous la gérance de l’évêque Rémi au IXe. Aux XIIe-XIIIe l’édifice sera complètement reconstruit pour en faire la plus grande église après la Cathédrale.

À partir du IXe les chanoines-barons de Saint-Just vont élever un cloître fortifié qui y accueillera les pontifes et têtes couronnées :

Le pape Innocent IV de 1244 à 1251 y séjournera. Il présidera le premier Concile de Lyon en 1245.

Le pape Clément V y fut couronné en 1305.

Les rois de France y résidèrent aussi : Louis IX, Philipe le Bel et CharlesVIII, ainsi que la régente Louise de Savoie, mère de François I.

La nuit du 30 avril au 1 mai 1562, la ville de Lyon se rend aux Réformés qui un jour plus tard commencèrent la destruction du cloître. L’église fut sapée en septembre de la même année.

La destruction de la basilique lors des guerres de religions donna lieu à une nouvelle construction, mais pas au même endroit. Les deux sites sont distants d’environ 200 mètres. Elle est l’un des rares exemples d’églises reconstruites à une telle distance de leur site original. Les chanoines choisirent de protéger leur collégiale en l’abritant dans les murs de la ville, à l’emplacement où nous pouvons l’admirer aujourd’hui.

La construction débuta en 1565 pour finir en 1663. La construction de l’ouvrage principal alla si rapidement que les chanoines ont pu célébrer Noël 1565. Des reliques y sont exposées ,ayant échappées aux destructions : Le chef de Saint-Just et la main de Saint-Alexandre.

Le manque d’argent va tout ralentir , mais sa consécration aura lieu tout de même en 1591 par Mgr. d’Epignac.

Soixante ans après les constructions vont reprendre, comme le choeur en 1661 ce qui rajouta plus d’un tiers à la longueur total de l’édifice. l’église fut à nouveau consacrée en 1663 par Mgr. de Neuville. Un jubé ferme le choeur en 1666, disparu aujourd’hui.

Les architectes Delamonce père et fils construisent au début du XVIIIe siècle la façade actuelle et les pilastres corinthiens de la nef et leur entablement.

Vous trouverez une inscription qui rappelle la dédicace de l’ancienne basilique aux frères Macchabées: Machabaeis primo deinde sancto iusto (Aux Macchabées d’abord puis à Saint Just) sur la façade au-dessus de la grande porte.

L’abbé Bottin fut le premier curé lyonnais à prêter serment à la constitution Civile du Clergé le 14 novembre 1790, ce qui mit Saint-Just en avant dès le début de la révolution. Dans la même année le chapitre est dissout. Plusieurs membres seront décapités et tous les bien confisqués.

L’édifice sera ouvert de nouveau en 1803. Irénée Boué curé de 1827 à 1844 mettra tout en oeuvre pour que l’église retrouve un prestige perdu suite aux dommages causés par la Révolution.

L’architecte J.Gay élèvera l’arc triomphal du choeur ainsi que les deux retables qui sont situés à l’intérieur de l’église de chaque côté de la porte principale servant d’écrin au baptistère et au bénitier en 1831. Revenons un instant sur la façade dessinée par les architectes Delamonce. Jean,le père,  commença la construction en 1704 et c’est son fils Ferdinand qui la finira en 1711. La façade est majestueuse, de style jésuite. La Révolution détruisit les sculptures d’origines qui seront rétablies en 1828 par le sculpteur J.F. Legendre-Héral. Seules les armes du chapitre au-dessus de la porte principale ne subiront aucune réparation.

Parlons de l’intérieur. La décoration que nous pouvons découvrir actuellement fut réalisée en trois périodes.

  • 1827-1826 : curés I. Boué et J.M. Gonin.
  • 1872-1887 : curé Frécon.
  • 1917-1934 : P. Vernet.
  • En 1831 l’architecte J. Gay complétera la décoration, comme cité plus haut dans l’article par les retables, le clergé voulant lier le sacrement du baptême avec le signe de croix fait à l’entrée de l’église.

Fonts baptismaux :

Huit angelots porteurs d’attributs évoquant le déroulement du baptême se situent sur le flanc de la cuve. Un serpent du mal quand à lui s’enfuit le long du pied de la cuve.

Le retable est décoré d’une toile, une reproduction d’une toile de J. Restout (1733) et juste au- dessus Adam et Eve chassés du Paradis Terrestre (restauration naïve de 1967).

Bénitier majestueux :

Quatre angelots évoquant les bienfaits de la bénédiction se situe sur le flanc du bénitier.

Le retable est également décoré d’un tableau « le dialogue du Christ avec la Samaritaine »,oeuvre de M.Ph. Genod. Situé juste au-dessus « Moïse faisant jaillir l’eau d’un rocher pour étancher la soif du peuple juif dans le désert  »

F.Delamonce (début du XVIIIe siècle) réussit à donner un bel ensemble architectural: les pilastres corinthiens et leur entablement sont harmonieux.La frise de l’entablement est peinte de figures évoquant des évêques de Lyon du IXe siècle, dont la plupart furent enterrés dans l’ancienne église.

La chaire plaquée de marbre surmonté d’une statue en bois doré de Saint-Just date du XVIIIe siècle.

Les stalles du XVIIIe siècle sont en chêne et noyer pouvant accueillir 64 personnes.

Vous avez les tableaux du choeur accrochés au XIXe siècle. Ce sont des oeuvres de peintres renommés.

  • L’Annonciation, de H. Collin de Vermont (1735).
  • La Nativité, copie de F. Legrip du XIXe siècle d’un tableau de H. de Taraval de 1781 . Ce tableau est le dédommagement que le château de Fontainebleau offrit à l’église suite à la restitution de l’orignal.
  • L’Adoration des Mages, de Bon de Boullogne fin du XVIIe siècle.

Et pour finir, le Christ élevé en croix, de F.A. Krausse, 1741.

L’orgue fut construit en 1921 par le facteur lyonnais Merklin et Kuhn.

Deux chapelles sont situées de chaque coté du maître-autel.

La chapelle de Saint-Just: l’autel datant de 1844 est l’oeuvre de l’architecte C.A. Benoit. Une peinture attribuée à J.L. Lacuria se situe au-dessus; elle représente Saint-Just se dépouillant des insignes de l’épiscopat avant son départ pour l’Egypte.

La chapelle de la Vierge: l’autel datant de 1840 possède un bas-relief néo-classique représentant l’Annonciation à Marie, entourée de deux personnages. La statue est un moulage de la Vierge et l’Enfant d’un sculpteur inconnu.

Les vitraux sont du XIXe siècle jusqu’à la première moitié du XXe siècle. Cela permet de suivre l’évolution de l’art du vitrail lyonnais, de :

  • Lescourd : 1845
  • A. Brun-Bastenaire : 1845
  • Gentelet et Godard :1845
  • Barellon et Veyrat : 1960
  • G. Dufêtre : 1880-1882
  • Nicod-Jubin :1920
  • Les vitraux de 1860 à 1920 sont sortis du même atelier.

Vous retrouverez bien-sûr plus d’explications accompagnées de photos des vitraux dans l’article écrit sur ce sujet dans la catégorie « Vitraux ».

Je vous laisse les supports de mes recherches :

Wikipédia

Livret, l’Eglise de Saint-Just de Lyon, éditeur : Association Culturelle des Sanctuaires
de St-Irénée et de St-Just.



3 réponses à église Saint Just de Lyon

  • Job Green dit :

    L’eglise fait partie de la paroisse Saint-Just-Saint-Irenee dont les messes se deroulent generalement dans l’eglise Saint-Irenee pour des raisons pratiques et ne sert donc au culte que ponctuellement.

  • Yann Le Goaec dit :

    Bonjour , je fais actuellement une BD sur la vie Jeanne Garnier qui a été un moment au 29 rue des Farges, de 1845 à 1853. J’aurai eu besoin de savoir qui était le curé de la paroisse st just à ce moment là. Vous arr^tez malheureusement en 1844 avec l’abbe boue! En vous remerciant grandement
    pp:pour une raison qui m echappe mon texte ne peut se faire qu’en majuscule sur votre blog…

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