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Je découvre un petit recueil très agréable et du coup je vous laisse quelques passages. Ce ne sont pas des contes à l’eau de rose comme citerai mon grand-père, mais à faire peur. Les histoires de revenants ne sont pas à raconter aux petits.

Un feu, des marshmallow, l’atmosphère d’une île bretonne en plein hiver et un vieux conteur.

Vous voilà, dans les bonnes conditions pour lire le premier conte.

Le revenant de la messe !

Il y a très longtemps une servante qui était fille de bras*  dans une riche maison.

Le dimanche matin, ses maîtres partaient en balade, même que parfois que les autres domestiques aussi. Ce qui faisait que  la servante se retrouvait seule.

Elle gardait la demeure dans ces moments-là, un jour elle se mit à lire l’imitation de Jésus-Christ*. Quand elle lève le nez du livre, elle vit tout d’un coup auprès d’elle un gros homme à figure blême, tout habillé de brun, qui la regardait. La servante n’osa pas lui parler et il partit.

Le lendemain comme elle traversait la cour pour aller traire les vaches, elle le vit encore qui semblait l’attendre. Elle courut vite à l’étable et ferma la porte, mais elle le vit encore à côté d’elle.

La servante est effrayée par ces deux apparitions et du coup alla se confesse et demanda au recteur conseil. Celui-ci lui dit.

Parlez-lui et vous viendrez me raconter ce qu’il vous aura répondu.

L’homme habillé de brun, à la figure blême, se montra pour la troisième fois.

Que me voulez-vous ? Lui demanda la femme.

Écoute, il faut que tu demandes à mes fils de restituer à un tel et à un tel tant de mesures de blé, pour réparer le tort que je leur ai fait en allant à la chasse avec mes chiens. Tu les prieras de faire dire une messe pour moi à l’église de Saint-Jouan et tu y assisteras.

La servante raconta à ses maîtres ce qui s’était produit en leur disant comment était le gros bonhomme qui lui était apparu.

De la façon dont vous le dépeignez, dire les fils, c’est notre père.

La servante retourna à confesse et le recteur lui recommanda de demander au revenant un signe visible, prouvant qu’il était revenu sur la terre, car il ne croyait la femme qu’à moitié.

Le jour de la messe arrivée, on se mit en route pour aller à l’église. Le revenant apparu et se mit aux côtés de la servante et il ne la quittait pas. À l’église il se mit auprès d’elle dans un banc et la messe commença.

La femme avait très peur, elle s’essuyait la figure avec son mouchoir. Quand arriva le dernier évangile, elle se rappela ce que son confesseur lui avait recommandé et elle dit au revenant.

Faites-moi voir par un signe que vous êtes réellement revenu.

L’homme mit sa main sur le mouchoir qui était sur le dos du livre. Le mouchoir fut brûlé et la marque des doigts était aussi sur la couverture du livre.

Paul Sébillot, traditions et superstitions de la Haute-Bretagne 1882.

Fille de bras* : chargée des gros ouvrages

l’imitation de Jésus-Christ* : Ouvrage de piété très prisé, rédigé en 1824 par Jean de Lamennais et attribué à son frère Félicité.

Ce comte fait partie du livre : Petites histoires de fantômes bretons – Dominique Besançon.

Nous pouvons retenir que les fautes commises pendant notre séjour sur terre peut hanter notre mort ? Allez savoir !

2 réponses à Fantômes bretons.

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